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Plateforme Ecotrop (anciennement SarraH)
Un modèle est une représentation partielle du fonctionnement
d’un système, objet d’étude. Le modèle ne représente
donc que les processus et variables considérés pertinents et généralisables.
Le problème de la pertinence des choix est lié aux objectifs du
modélisateur, et la généricité des phénomènes
privilégiés est fonction du domaine d’extrapolation visé.
Le présent modèle a été conçu comme boîte
à outils, permettant d’assembler différents modèles
en faisant appel à une bibliothèque évolutive de formalismes
(objets). Malgré cette souplesse et pluri fonctionnalité que nous
espérons réaliser au cours de l’évolution de SARRAH,
nous resterons dans le domaine des modèles classiques des cultures :
au pas de temps journalier et à l’échelle d’une parcelle,
la culture colonise l’espace du sol et aérien, accède les
ressources disponibles et fabrique de la biomasse et le rendement.
Le modèle SARRAH est une version « habillée » (plus
détaillée) de SARRA, un bilan hydrique dynamique très simple
utilisé pour estimer l’impact d’un scénario climatique
sur une culture annuelle. Pour SARRA, la plante n’est qu’un conduit
couplant une demande atmosphérique (puits) avec une réserve hydrique
‘utile’ dans le sol (source) – un conduit à résistance
variable, fonction de la contrainte physique (stress). SARRA suppose que la
performance d’une culture est une fonction simple des freins hydriques
cumulés au cours d’un cycle végétal.
Ce principe simple et élégant a fait preuve d’une robustesse
remarquable au travers des échelles spatiales (de la parcelle à
la région), manifeste dans multiples applications : le service de prévision
agricole de l’Agrhymet pour les pays du CILSS (Sahel), zonages, renseignements
sur les risques climatiques locaux, estimation des besoins en eau… Sa
validité dépend néanmoins de la présence d’une
forte limitation hydrique et d’une variabilité importante de cette
limitation. Autrement dit, SARRA est entièrement basé sur une
réduction des croissances, mais pas sur la simulation d’un rendement
potentiel.
SARRAH conserve le principe classique du frein hydrique et le combine avec une
croissance potentielle, fonction du rayonnement et de son interception par le
couvert. Il s’agit d’un modèle multiplicatif (ressource hydrique
x ressource radiative), complété par un module phénologique
(pour structurer le cycle de végétation), par une description
simple mais dynamique du couvert (un « big leaf » caractérisé
par des coefficients morphologiques et géométriques), et par une
élaboration physiologique du rendement (compétition source-puits).
Les domaines d’extrapolation de ce modèle couvrent donc les situations
limitées par l’eau et/ou par le rayonnement, mais (à présent)
pas par les ressources minérales.
Un modèle déterministe et relativement simple (par rapport à
CERES, APSIM, STICS…), mais sensiblement plus mécaniste que CROPWAT,
la référence proposée par la FAO. Un modèle souple
(concept de boîte à outils = objets) faisant appel à une
librairie de formalismes. Un modèle visant l’échelle de
la parcelle mais aussi des applications régionales. Enfin, un modèle
qui peut servir comme support de base pour l’accrochage de formalismes
spécialisés, de modules complémentaires ou des interfaces
avec des autres modèles (météorologiques, socio-économiques…).
Cet esprit évolutif et cette ouverture aux bricoleurs – explicitement
voulue par les auteurs – reconnaît le fait que toute nouvelle application
d’un modèle pour la recherche scientifique nécessite une
adaptation plus ou moins importante de l’outil. Nous sommes curieux des
mutations et des métamorphoses que vous allez apporter à SarraH.
Tenez nous au courant !
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M. Dingkuhn
Responsable de l'équipe Ecotrop |
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